Le site internet numéro un mondial sur la déficience auditive et la surdité
Depuis 1999

Dépression nerveuse dûe à la déficience auditive

En 1999, j'ai eu des vertiges de ménière. Puis, la vie a continué.

Aujourd'hui j'occupe un emploi dans une entreprise extrêmement bruyante. J'y suis entrée en 2005, j'avais déjà connaissance de ma déficience auditive. J'avais perdu 25% de mon audition. L'ORL m'avait dit d'un air moqueur : "vous avez des oreilles de vieille !". J'en suis restée là. Sans me préoccuper de l'avenir.

L'année dernière, j'ai senti une baisse significative car mes collègues n'arrêtaient de me reprocher de faire exprès de ne pas comprendre ou ils me disaient : "tu entends quand tu veux". Il est vrai que sans m'en rendre compte, j'avais déjà opté pour la lecture labiale. Alors dès qu'il y avait du bruit ou que les gens ne me regardaient pas, je ne comprenais plus rien.

Je suis allée voir un autre ORL qui m'a diagnostiqué une presbyacousie et une otospongiose. Bref, j'ai fait avec, puisqu'il avait rajouté, non appareillable, c'est-à-dire, bénin.

J'en étais à 35% de perte. J'ai continué à vivre dans le bruit sans prendre soin de mon audition. Puis, ma famille et mon docteur m'ont demandés de me renseigner pour obtenir des appareils auditifs. Mon entreprise (fonction publique) pouvait me les financer, grâce au F.I.P.H.

Malheureusement, il a fallu une reconnaissance de travailleur handicapé pour bénéficier de cette aide. Cet handicap mit au grand jour, m'a déstabilisé. Dans mon entreprise peu de gens étaient au courant et je continuais à vivre dans le déni. J'ai rencontré le médecin du travail et l'assistance sociale du personnel pour monter mon dossier auprès de la MDPH. Puis, avec eux j'ai monté un dossier de demande de subventions auprès du FIPH. J'ai eu mes appareils auditifs avec l'accord aimable et amiable de l'audioprothésiste, en attente du financement prévu dans les 3 mois suivants. J'ai gardé mes appareils 6 mois sans les payer. Après un harcèlement tout à fait normal et justifié de l'audioprothèsiste, je lui ai rendu les appareils.

Aujourd'hui, je suis en arrêt maladie depuis 10 mois suite à une dépression nerveuse dûe à ma déficience auditive. Les plaisanteries de mes collègues, le refus de leur faire répéter, la non-participation aux conversations, la difficulté de compréhension sur mon lieu de travail et l'isolement ont eu raison de moi. 3 semaines d'enfermement en hopital psychiatrique. Je vois un psychiatre toutes les semaines, je n'ai plus d'appareils, je lis sur les lèvres, je suis... Je "me" suis enfermée chez moi. Je sors très peu. Je sais que je dois retourner travailler, mais où ? Sur le même site ? Non, je ne veux pas devenir complètement sourde. Je ne sais pas quoi faire. J'attends, je ne fais rien, je végète. Personne ne prend d'initiative, mon employeur est conscient du problème ainsi que le medecin du travail, mais on ne m'a toujours pas proposé de poste aménagé.

Jocelyne Forestier

Vous êtes bienvenu à utiliser nos articles

Vous êtes les bienvenus à citer ou utiliser nos articles. La seule condition est qu’un lien direct vers l'article spécifique que vous utilisez soit disponible sur la page sur la page où vous nous citez.

Malheureusement, vous ne pouvez pas utiliser nos images car nous ne sommes pas en possession des droits d'auteur, et avons seulement le droit de les utiliser sur notre site.